Les 7 péchés de Windows 7

[Note aux lecteurs: L’article suivant a paru en 2009, à l’occasion de la sortie de Windows 7, soit deux ans après celle de Windows Vista, qui avait été très mal accueilli. Nous croyons qu’à la veille de la sortie de Windows 8, le message est toujours d’actualité et qu’il n’est pas inutile de le relire…]

Les 7 péchés de Windows

La nouvelle version du système d’exploitation Windows de Microsoft, Windows 7, a le même problème que Vista, XP et toutes les versions précédentes: c’est un logiciel propriétaire. Les utilisateurs n’ont pas l’autorisation de partager ou modifier le logiciel Windows, ni de l’examiner pour connaître son fonctionnement.

Du fait que Windows 7 est propriétaire, Microsoft s’adjuge un contrôle légal sur ses utilisateurs par toute une gamme de copyrights, contrats et brevets. Microsoft use de son pouvoir pour abuser ses utilisateurs. Sur le site windows7sins.org, la Free Software Foundation dresse la liste de sept exemples d’abus perpétrés par Microsoft.

1. Empoisonnement de l’éducation

À ce jour, on apprend à la plupart des enfants, dont l’éducation implique des ordinateurs, à utiliser le produit d’une seule entreprise: Microsoft. Cette firme dépense de fortes sommes pour que les groupes de pression et les commerciaux corrompent les services d’éducation. Une éducation qui mise sur la puissance des ordinateurs devrait ouvrir la voie de la liberté et de l’autonomie, et non ouvrir un boulevard au monopole insidieux d’une entreprise.

2. Invasion de la vie privée

Microsoft utilise des logiciels avec des noms fallacieux comme Windows Genuine Advantage pour inspecter le contenu des disques durs de ses utilisateurs. Les termes de la licence utilisateur que l’on est obligé d’accepter avant de pouvoir utiliser Windows préviennent bien que Microsoft se réserve le droit de faire ça sans avertissement.

3. Comportement monopolistique

Pratiquement tous les ordinateurs achetés sont vendus avec Windows préinstallé, et non par un libre choix. Microsoft impose ses dictats aux revendeurs de matériel informatique, pour qu’ils ne proposent pas de PC sans Windows préinstallé, bien que de très nombreux clients le leur demandent. Même les ordinateurs disponibles avec d’autres systèmes d’exploitation préinstallés, tel GNU/Linux, incluaient souvent Windows au départ.

4. Verrouillage

Microsoft essaie régulièrement de contraindre ses utilisateurs à faire des mises à jour, en supprimant le support des versions précédentes de Windows et d’Office, et en augmentant le niveau du matériel requis. Pour beaucoup de gens, cela signifie qu’ils doivent mettre leur ordinateur au rebut simplement parce qu’il n’est pas à la hauteur des exigences techniques requises par les nouvelles versions de Windows.

5. Blocage abusif des standards

Microsoft a essayé de bloquer le passage au standard libre pour les formats de documents, parce que des standards comme OpenDocument Format menaceraient le contrôle exercé pour le moment sur l’utilisateur avec les formats propriétaires de Word. Elle s’est lancée dans des manoeuvres en sous-main, qui peuvent aller jusqu’à la corruption de fonctionnaires, pour essayer de stopper de telles initiatives.

6. Soutien des DRM ( Digital Restrictions Management)

Avec Windows Media Player, Microsoft collabore avec les grandes firmes des médias pour imposer des restrictions sur la copie de médias avec leur système d’exploitation. Par exemple, à la demande de NBC, Microsoft est capable d’empêcher les utilisateurs de Windows d’enregistrer des émissions télévisées qu’ils ont pourtant le droit d’enregistrer légalement.

7. Menaces sur la sécurité de l’usager

Windows a une longue histoire de failles de sécurité, ouvrant la porte à la diffusion des virus et permettant à des utilisateurs distants de prendre le contrôle des ordinateurs d’autres usagers et de les transformer en robots spammeurs. Puisque le logiciel est secret, tous les utilisateurs dépendent de Microsoft pour régler ces problèmes – mais Microsoft tient à ses propres intérêts en matière de sécurité, pas à ceux de ses usagers.

Vous pouvez aider!

Les systèmes d’exploitation libres comme GNU/Linux peuvent rendre les mêmes services que Windows, mais ils encouragent leurs utilisateurs à partager, modifier et étudier le logiciel autant qu’ils le veulent. Ce qui fait que l’utilisation d’un système d’exploitation libre est un excellent moyen d’échapper à Microsoft et d’empêcher d’être victime de ses sept péchés. Les logiciels et les ordinateurs auront toujours des problèmes, mais en employant des logiciels libres, les utilisateurs et leur communauté sont en mesure de régler les problèmes pour eux-mêmes et tous les autres.

Vous pouvez accéder à davantage d’information sur chacun des sept péchés et comment y échapper sur le site windows7sins.org. Veuillez signer et participer à la campagne d’information et d’action pour provoquer une prise de conscience générale des abus de Microsoft, des problèmes posés par Windows 7, et de l’importance du logiciel libre.

Comment en est-on arrivé là?

Il y a deux ans, Microsoft lança discrètement Windows Vista à la grande déception aussi bien des utilisateurs, devant affronter des logiciels ou pilotes défectueux et des restrictions sévères, que des développeurs se démenant pour faire fonctionner des logiciels à jour avec le nouveau système.

Deux ans plus tard, Microsoft elle-même admet que Vista fut un échec. Les utilisateurs n’étaient pas prêts à accepter l’énorme bond en arrière proposé par Vista, aussi Microsoft a-t-elle essayé de rectifier le tir avec l’annonce du prochain Windows 7. Celui-ci, comme Win XP en 2001, a des exigences matérielles plus modestes, ce qui le rend idéal pour les netbooks de faible puissance. Toutefois, à la différence de Win XP, Microsoft a délibérément bridé Windows 7, laissant les usagers des netbooks à sa merci pour le contrôle des applications utilisables et le nombre d’applications pouvant être lancées simultanément.

Microsoft s’apprête encore à appliquer ses combines habituelles, seulement cette fois, elle introduit aussi des restrictions artificielles dans le système d’exploitation lui-même. Bien que ce ne soit pas la première fois, c’est la première version de Windows qui peut, d’un coup de baguette magique; supprimer les limitations dès l’achat d’une version plus coûteuse chez Microsoft.

Ce n’est pourtant pas nouveau. En 1996, Microsoft Windows NT avait déclenché une fureur générale. À cette époque, Microsoft vendait deux versions de son système d’exploitation: Windows NT Workstation et Windows NT Server. Cette dernière coûtait environ 800 dollars de plus que la version Workstation du même système d’exploitation.

Alors que Windows NT Server incluait une série d’applications serveur absentes dans la version NT Workstation, Mirosoft soutenait que les systèmes d’exploitation eux-mêmes étaient «deux produits distincts destinés à deux types d’usages très différents». NT Server, prétendait Microsoft, était taillé sur mesure pour être un serveur Internet, tandis que NT Workstation était tout à fait inadapté. Dans le but de bien marquer cette différence, la version NT Workstation et aussi l’accord de licence limitaient les utilisateurs à un maximum de dix connexions TCP/IP (pour Internet), tandis que la version NT Server demeurait sans limitations.

Beaucoup d’utilisateurs remarquèrent que les deux versions de Windows NT étaient très semblables. En creusant un peu la question, une analyse publiée par O’Reilly et Associés révéla que le noyau, et de fait tous les fichiers binaires de NT Workstation étaient identiques à ceux qui se trouvaient dans NT Server. L’unique différence entre les deux noyaux se trouvait dans l’information destinée à l’installation du système d’exploitation, la version serveur proposait diverses options ou drapeaux pour la marquer soit comme «Workstation» soit comme «Server». Si la machine était identifiée comme «Workstation» (station de travail), cela désactivait certaines fonctionnalités et limitait le nombre possible de connexions au réseau.

Nous appelons de telles limitations: des antifonctions. Une antifonction est une fonctionnalité qu’un développeur de technologie fait payer à ses utilisateurs bien qu’ils n’y accèdent pas (il est plus difficile pour Microsoft de limiter les connexions Internet que de les laisser ouvertes sans restrictions), or la limitation est une chose qu’aucun utilisateur ne réclamerait.

Malheureusement pour les compagnies et les individus qui promeuvent les antifonctions, les utilisateurs ont de plus en plus souvent des solutions de rechange parmi les logiciels libres. Il s’avère que la liberté des logiciels rend, dans la plupart des cas, les antifonctions impossibles. La politique rapace de prix du NT par Microsoft est impossible pour le système GNU/Linux: les utilisateurs pouvant le programmer eux-mêmes.

Il en irait de même avec une version de Firefox financée par les publicités: les utilisateurs créeraient et partageraient simplement une version du logiciel sans les antifonctions en question.

En définitive, l’absence de telles antifonctions constitue une des victoires les plus faciles du logiciel libre. Éviter les antifonctions ne coûte rien aux développeurs de logiciels libres. Dans de nombreux cas, ne rien faire est exactement ce que désirent les utilisateurs et c’est précisément ce que les logiciels propriétaires ne leur offriront pas.

Consultez la source | Article initialement publié sur la Free Software Foundation sous licence Creative Commons |


6 Comments

  1. Michel Chassey

    Microsoft suit la norme des pratiques commerciales dans le monde. Il ne faut pas la blâmer de vouloir faire entrer des dollars dans ses coffres. Ceux d’entre nous qui sont en affaires vous le diront :  » We are out to make a buck ». Microsoft est en compétition avec des logiciels ( à mon humble avis ) équivalents à ceux dont il fait la promotion.
    Je sais que mes opinions ne sont pas nécessairement celles du CLA, mais je suis horrifié par les pratiques du géant qui sont à peu près les mêmes que celles d’Hitler quand il a pris le pouvoir.
    Par la présente je me déclare « à cran » contre la windowserie et sessupporteurs.
    Je n’ai qu’une suggestion pour les troupes du libre, c’est de monter aux barricades et d’intensifier nos efforts d’éducation et de dissémination envers nos proches et collègues de travail.
    Bien vôtre,
    Michel Chassey

    1. Je crois pas que Microsoft suis la norme des pratiques commercial usant souvent de pratiques déloyales et quelques fois même très déloyale comme par exemple en menaçant de retirer le droit de vendre des licences Windows a un fabriquant désirant vendre également des ordinateurs avec une distribution Linux et d’autres sans système d’exploitation. User de menaces de ce genre n’est pas ce que j’appel des pratiques dans la normes étant de l’antitrust et c’est illégale dans certains pays mais Microsoft s’en sort toujours grâce a l’argent… Une autre de leurs tactiques est de voler les autres et lorsque les victimes s’en rendre compte, ils ont pas les moyens financier de se rendre au bout avec les démarches en cours se prolongeant a l’infini et lorsqu’ils sont a cours d’argent pour continuer, Microsoft les achètes a rabais ou font un accord pour payer des redevances a prix très inférieur a sa valeur… Personnellement j’ai aucun respect pour une entreprise agissant de la sorte…

  2. Michel Chassey

    Je serai heureux de poursuivre cet échange dans un endroit convivial entouré de nos copains du CLA. Il se peut fort bien que nous soyons en désaccord sur certains sujets mais nous serons très près l’un de l’autre dans nos opinions sur les logiciels propriétaires.
    À bientôt j’espère,
    Michel Chassey

  3. Pour moi il as pas grand chose a discuter sur le fait que Microsoft ne respecte pas les lois antitrust canadienne et des USA. Mais Microsoft a les moyens financier de se défendre et faire durer des procédures judiciaire presqu’à l’infini. Moi je ferais la même chose que je finirais coupable dans le temps de le dire…

    Un peu de lecture:
    http://www.bureaudelaconcurrence.gc.ca/eic/site/cb-bc.nsf/fra/h_02758.html

    http://www.justice.gov/atr/public/index.html

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  5. MogMaster

    Bonjour,

    Je souhaitais intervenir sur l’article et certains commentaires, alors je me lance.

    « les pratiques du géant qui sont à peu près les mêmes que celles d’Hitler quand il a pris le pouvoir. »
    J’ai bien ri !

    Sinon, « tous les fichiers binaires de NT Workstation étaient identiques à ceux qui se trouvaient dans NT Server », Microsoft n’a jamais dit le contraire, il s’agit bien de la configuration qui est différente… Et de ce point de vue, quelque soit le système d’exploitation, c’est une question de configuration… Après juger de la valeur, c’est aux entreprises de trancher.

    Dernièrement, je ne comprend pas pourquoi vous vous attaquez à un secteur où le choix avec le libre est possible (d’ailleurs de dire qu’aucun ordinateur n’est vendu avec Linux est faux…) alors que d’autres secteurs paraissent beaucoup plus touchés (Pharmacie, producteur de cinéma, …).
    Bien sûr que dans une société idéale, tout les technologies seraient standardisées et libre, cependant, autant le fait que les logiciels propriétaires me dérangent, autant ce que la FSF fait m’énerve avec tous les mises en accusation et toutes les critiques arbitraires ainsi que cette secte qu’il mène.

    Cordialement

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