Wikileaks, les Anonymous et la liberté sur l’internet : prise de position de Richard Stallman

Wikileaks et ces défenseurs les Anonymous continuent de faire couler pas mal d’encre. Cette fois c’est Richard Stallman qui prend position au travers d’un article paru sur le Gardian. Voici un rapide résumé de ces propos :

Stallman voit les actions des Anonymous comme une forme de manifestation numérique. Dans le monde réel, des foules descendent dans les rues pour indiquer leur opposition à quelque chose. Il défend les méthodes employées par les Anonymous. Le mode opératoire mettant en oeuvre le programme LOIC pour bloquer des sites ne met en cause ni l’intégrité de ces sites ni leur sécurité, ni ne dérobe de données.

La bonne comparaison, poursuit Stallman, est celle des foules qui ont manifesté dernièrement devant les magasins Topshop. Ils n’ont rien cassé et n’ont emporté aucun bien, mais ont causé c’est évident une nuisance pour le propriétaire. Amazon et MasterCard n’ont pas dû apprécier non plus d’être ainsi bloqués et leurs clients on dû être dérangés.

Il se lance alors dans un parallèle entre ce que nous pouvons faire dans le monde réel et les limites que nous impose aujourd’hui Internet. Ainsi, dans le monde réel, nous avons le droit d’imprimer et de vendre des livres. Quiconque voudrait essayer de nous en empêcher doit saisir la justice.

Sur internet, nous visons dans une forme de précarité; l’existence de nos sites est liée au bon vouloir de sociétés commerciales qui nous fournissent des noms de domaines, un accès à internet ou encore héberge nos serveurs. Une pression sur ces sociétés, et nos sites sont fermés.

Il revient ensuite sur les systèmes de protection qui permettent de contrôler ce que nous pouvons faire des biens numériques que nous avons acquis. Nos droits sont parfois plus faibles que dans le monde réel où je peux acheter un livre, le donner ou le revendre. Sur internet, c’est souvent interdit.

Les transactions monétaires sont également plus strictement contrôlées que dans le monde réel, où nous pouvons donner de l’argent directement à une personne sans intermédiaire. C’est chose impossible sur internet, car nous devons passer par un système de paiement comme PayPal ou MasterCard.

Au final, ce contrôle va jusqu’à nos machines, qui sont aussi contrôlées par d’autres avec des logiciels privateurs. Stallman rappel qu’Apple dispose d’une «porte dérobée» pour supprimer à distance des applications installées ou encore que Microsoft peut modifier des logiciels sans en demander la permission.

Richard Stallman finit en rappelant son combat pour les logiciels libres, consistant à rendre à l’utilisateur le contrôle de sa machine. Il sert une dernière estocade au gouvernement américain et à sa collusion avec les intérêts de grandes multinationales. Il dénonce l’énergie avec laquelle les États cherchent à emprisonner les Anonymous plutôt que les responsables d’actes de tortures, de meurtres ou les criminels de guerre.

Cette sortie de Stallman est tout à fait cohérente avec le personnage et ses idées. Certains aspects de son discours, comme souvent, pourraient être tempérés, mais ce n’est pas dans son habitude. L’affaire Wikileaks montre la relative précarité dans laquelle nous sommes sur Internet et les capacités de contrôle dont disposent déjà les États et certaines sociétés.

Si la protestation est nécessaire, elle ne suffira pas à influencer nos gouvernants, qui n’ont de cesse de restreindre nos libertés. Il faut continuer d’agir en unissant nos forces et combattre notre tendance  à l’individualisme et à l’éparpillement qui en résulte.

Billet initialement publié sur le blogue de Philippe Scoffoni
Crédit image Certains droits réservés par scragz

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