Logiciels libres et politique

À la suite de la victoire de Savoir-Faire Linux dans la cause qu’il a portée en cour, il est vite apparu que le logiciel libre venait de faire son entrée officielle dans la politique.

[Petit aparté.

Ici, je voulais mettre un lien avec la section audio-vidéo du site de l’Assemblée nationale (asnat), où on peut voir les échanges sur ce sujet pendant la période de questions de vendredi avant-midi dernier. J’avais oublié que l’Assemblée nationale venait de se payer un facelift entièrement constitué de produits Microsoft, et que le plug-in Silverlight, de MS, est requis pour visualiser les vidéos.

Si, comme moi, vous êtes sous GNU/Linux, vous n’avez évidemment pas ce plug-in, et le site de l’asnat vous propose de l’installer. (Vous devez utiliser le navigateur Firefox pour que cela fonctionne. Avec Opera, on ne vous le propose même pas. Avec Chrome, oui, mais comme il s’agit d’un plug-in pour Firefox, vous ne pourrez rien installer.) Pour voir ce qui allait se passer, j’ai cliqué sur Installer Silverlight. Perspicace, le site de l’asnat vous suggère alors d’installer la version Linux de Silverlight, le plug-in de Firefox Moonlight. Allons-y donc! Or voilà qu’au cours de l’installation, une licence d’utilisateur de Microsoft apparait, que vous devez accepter. J’ai refusé. Il y a des limites. Jamais je ne donnerai mon accord à une licence Microsoft pour visualiser du contenu vidéo provenant de l’Assemblée nationale du Québec à partir de mon ordinateur Ubuntu! Alors, si vous voulez voir la période de questions du vendredi 6 juin dernier concernant le procès qu’a gagné Savoir-Faire Linux contre la RRQ, libre à vous de trouver comment faire. Moi, ma contribution s’arrête ici.

Je vous réfère plutôt à l’article du Devoir qui y fait référence et qui sert aussi bien mon propos:

Contrat informatique sans appel d’offres – L’opposition ne veut pas d’appel

Fin du petit aparté.]

Donc, si vous croyez que le libre vient de faire son entrée officielle en politique au Québec, j’ai une bonne nouvelle pour vous.

Les élections municipales à Montréal, l’automne dernier

Les élections à Montréal
Source: projetmontréal.org

Peut-être ne le saviez-vous pas, mais la politique ne se joue pas seulement à Ottawa et à Québec. Il y a eu des élections ici même à Montréal à l’automne dernier. Vous vous rappelez? Avec un taux de participation parmi les plus bas jamais enregistré, aussi bas peut-être que l’était la confiance dans l’administration Tremblay, qui se trainait d’un scandale à l’autre; avec la démission et la confession spectaculaires de Benoit Labonté de Vision Montréal (le parti de l’opposition), et l’arrivée non moins bruyante de Louise Harel pour en prendre la direction à sa place; avec les louvoiements de son ami Réal Ménard qui s’est casé à la dernière minute dans le même parti que Mme Harel; avec tout ça et plus encore, l’Union Montréal de Gérald Tremblay a été réélue, à la stupéfaction de tous (ceux qui ont voté! – pour les autres, gardez-vous une petite gêne devant ces résultats).

Or un troisième parti s’était glissé dans l’équation, et qui a quand même réalisé de remarquables progrès depuis son entrée sur la scène municipale aux élections précédentes. Une quinzaine d’élus, et son chef, Richard Bergeron, qui est entré dans le comité exécutif de la Ville aux commandes de l’urbanisme, on peut dire que Projet Montréal a marqué un grand coup. N’eût été des Harel et Ménard, des noms trop connus pour ne pas venir brouiller les cartes et débalancer les forces en présence, il est probable que Projet Montréal aurait pris encore plus de place. En attendant, les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et d’Ahuntsic-Cartierville ont élu Projet Montréal à leur mairie d’arrondissement, et déjà, on peut constater ce que cette équipe peut faire quand on lui donne le pouvoir de changer les choses.

Pourquoi je vous parle de tout cela dans ce blogue consacré à l’informatique libre? À cause de l’article 5.12 du programme de Projet Montréal. Cet article se lit comme suit:

Engagement 5.12 : Faire de Montréal la capitale du logiciel libre en Amérique du Nord
Faire de Montréal la capitale du logiciel libre des Amériques en misant sur le dynamisme de ses entreprises en technologies de l’information, la diversité de ses communautés culturelles et l’importance des sommes consacrées par la Ville à l’informatique. En effet, le monde informatique vit présentement un véritable raz-de-marée : pas un mois ne se passe sans qu’un gouvernement ou une administration publique n’annoncent sa décision de favoriser l’utilisation des logiciels libres (Royaume-Uni, Brésil, Pays-Bas, Malaisie, Inde, etc.). Plus précisément, il s’agit de :
a) favoriser les logiciels libres et les standards ouverts dans ses opérations et son fonctionnement ;
b) favoriser le développement de logiciels libres destinés aux municipalités, notamment en s’inspirant de l’ADDULACT en France, pour créer un site Web dédié à ce type de logiciels, et ce, en partenariat avec les municipalités intéressées afin de mutualiser les coûts de développement ;
c) s’associer et participer aux grands évènements internationaux faisant la promotion du logiciel libre.
Je vous rappelle cela afin que nous prenions conscience que certains grands enjeux qui nous tiennent à coeur peuvent s’incarner ici même, à Montréal,  et qu’il n’est pas nécessaire d’attendre après Québec pour faire bouger les choses. J’ai l’air de prendre parti, dites-vous? Vous avez raison. Comme on dit, si on ne s’occupe pas de la politique, c’est elle qui s’occupera de nous. Raison suffisante, en ce qui me concerne. Et comme je crois aux valeurs du logiciel libre, oui, je prends parti pour la formation qui l’a inclus dans la plateforme.

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